N'importe où mais ailleurs ! - Carnets de voyage
"Il faut voyager pour frotter et limer sa cervelle contre celle d'autrui" (Montaigne). Je frotterai jusqu'à une absolue brillance. Quelques carnets de route, des falaises de grès maliennes abritant d'improbables villages Tellem aux hautes terres occidentales guatémaltèques où les huipiles rouge éclatant des femmes sont un vrai régal pour les yeux !


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MALI - En attendant Godot – Douentza -Hombori

Arrivée à Douentza à 17h. Pas velléitaires pour deux sous, nous nous lançons immédiatement dans une quête qui nous semblait initialement largement abordable et qui s’est avérée un poil alambiquée : l’obtention de l’horaire de passage du prochain car à destination d’Hombori.

 

J’interroge un premier homme, maigre, démarche raide, à peine surpris par notre approche, qui nous indique qu’il nous faudra patienter deux bonnes heures. Finalement cela nous laisserait le temps de dîner et de passer un petit coup de fil en France pour diffuser quelques nouvelles du front. Parfait. Nous cherchons par prudence confirmation. Le second malien, que notre requête plonge aussitôt dans un état stuporeux, nous indique qu’il n’y a aucune chance de voir passer un bus par ici avant demain matin, 11h, quelle que soit notre destination d’ailleurs. Le troisième nous annonce un départ à 22h. Nous finissons ainsi par engranger autant de réponses que de personnes sondées (approximativement 7 ou 8, toutes avec un avis bien tranché), et un minimum d’une heure sépare les deux horaires recueillis les plus proches. Mal barrés.

 

 

« Allez demander à la gare » finit par nous lancer une jeune femme éclairée. Chouette perspective. Matthieu y fonce, ladite gare se trouve être une petite baraque en lisière de route avec un homme court sur patte, coincé à l’intérieur, le « chef de gare ». Il nous fait payer des billets fictifs nous assurant que le bus s’arrêtera à Douentza entre 20h et 21h. Nous lui confions notre argent, un peu intrépides et notre numéro de téléphone, à sa demande, il nous appellera à l’arrivée du bolide. « Pas de problème ».

 

21h30. Pas de bus. Au moins, nous avons le ventre plein. 21h45. Toujours rien. Enfin, un brin de lassitude tout de même. A 22h, nous voyons débouler une mobylette chevauchée par le chef de gare, qui se charge de nous conduire chacun notre tour aux portes de l’engin. « Il est recommandé de ne pas voyager de nuit, les bus y sont vieillots » précise le Petit Futé. On confirme. Ce bus est une porcherie roulante dont le sol est jonché de détritus tellement piétinés que l’on ne sait plus trop identifier les choses molles, parfois glissantes, souvent odorantes sur lesquelles on se déplace contraints et forcés pour rejoindre sa place.

 

Nous essayons de somnoler en restant attentifs au moindre ralentissement. Surtout, ne pas louper l’arrêt.


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Publié à 22:15, le 3/05/2010 dans MALI Janvier 2009, Douentza
Mots clefs : transport
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MALI - Le sel de la terre - Bamba - Douentza

 

Du poisson au menu. Nous regardons, septiques, ses arêtes flotter dans le plat. Le Niger est loin, très loin, et il en a fait du chemin ce petit poisson pour venir onduler dans notre assiette. La chaîne du froid a certainement été rompue … Comporte-t-elle ici ne serait-ce qu’un maillon ? Nous finissons par ne plus voir que salmonelles et lysteria se relaxant dans notre petit bouillon de culture. Mathieu n’y touche pas, je déguste mollement (comme si la lenteur avec laquelle ma main portait la nourriture à ma bouche venait freiner l’ingestion des petits germes pathogènes).

Le soleil est plus agressif ici. Les enfants aussi. Ils nous tiennent fermement les bras pour ne pas se faire voler une place de choix durement acquise. Fatiguée et impatiente de rejoindre Hombori et ses paysages dantesques.

 

Pas de bus au départ de Bamba. Nous prenons l’un des rares 4x4 qui quitte le village en début d’après midi. Un peu de confort nous permettra sans doute de glaner l’énergie qu’il nous faudra déployer pour nous dégotter un moyen de locomotion jusqu’à notre point de chute final. Tu parles. Nous devinons à peine la route tant elle est mauvaise. Nous dépassons des Touaregs et leurs bêtes qui transportent d’énormes plaques ocre, les caravaniers du sel, défiant farouchement le sel marin, industriel, blanc et raffiné. Mais leur sel n’est guère plus utilisé que pour l’alimentation du bétail et par quelques inconditionnels qui lui reconnaissent contenir des oligo-éléments essentiels. On dit même que les troupeaux privés de sel saharien souffrent de déficiences multiples. Sans doute toutes ces vertus qui expliquent la persistance de ce commerce.

Nous doublons ensuite une succession infinie de charrettes en direction de Douentza, le marché s’y tient demain matin.

 

Mon voisin de droite dévore goulument d’énormes morceaux de viande ruisselant de graisse en chassant de temps à autre d’un revers de main les mouches qui ont envahi l’habitacle (son coude venant à chaque fois percuter mon épaule). Il enfonce ses énormes doigts dans la chair grillée, me donnant des haut-le-cœur réguliers. Des mains, de plus en plus nombreuses, viennent ensuite piocher dans le sac gorgé de jus qui se met à goutter sur mes chaussures. L’homme se répand en excuses contrites. Nous sommes même conviés à faire de même mais déclinons poliment l’invitation. Vous comprenez, nous venons de manger. Mais c’est le ventre bien creux que nous supporterons encore deux heures de voyage.


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Publié à 22:43, le 25/04/2010 dans MALI Janvier 2009, Douentza
Mots clefs : transport
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Dégué dégué vers Djenné

Départ pour Djenné, l’un des temps forts du voyage, cité joyaux en banco, l’une des plus belles villes d’Afrique de l’Ouest, dépositaire du prestige des peuples s’y étant succédés.

14h. Me voilà acculée au fond d’un minibus par une cage à poules (contenant des poules), la fesse droite de mon imposante voisine et sa petite fille, chevauchant mon pied gauche. Je n’ai qu’une demi-place et j’ai la nausée. Le chauffeur a fermé les fenêtres, à cause de la poussière certainement, et il règne dans cette épave un air chargé d’impuretés aux relents aigres de sueurs, de bétail et d’épices. Je me concentre sur la route pour oublier les cahots, qui me projettent tantôt à gauche sur la ferraille rouillée de la portière dénudée, tantôt à droite sur la veille dame impassible.

 

16h. J’ai déjà hâte d’arriver. Mais notre trajet est ponctué d’un nombre incalculable d’arrêts (j’aurais vraiment du les compter) qui finissent par rendre notre voyage interminable.

Il y a tout d’abord les arrêts pour prier, les plus réguliers, il existe d’ailleurs des aires spécifiques et aménagées permettant aux femmes et aux hommes de transmettre au mieux leurs requêtes et remerciements à Allah.

Viennent ensuite les arrêts pour manger, les plus longs. Nous avons de la chance, la plupart des gens profitent de ces pauses repas pour délester leur vessie. Mais pas tous. Nous avons donc aussi les arrêts pipi, pour les prostates fragiles et pour ceux qui n’avaient pas envie lors des précédents stops ou qui n’ont simplement pas pensé à mutualiser.

Quelques pauses-pannes étonnamment rapidement résolues, le top du top restant les arrêts durant lesquels il faut repenser totalement l’organisation des bagages sur le toit, une énième malle encombrante venant s’ajouter à l’énorme masse écrasant déjà le minibus. Là, chacun donne son avis, les avis sont bien souvent orthogonaux, on agence, on réagence, on diverge et on décide finalement d’en rajouter un peu à l’intérieur, parce que bon, nous étions limite à l’aise là dedans.

J’ai le sang qui bouillonne. Le flegme des maliens me sidère.

21h. Je suis morte de faim, si nos compagnons de voyage dégustent régulièrement de la viande (exposée sur des stands le long des pistes des heures durant, sa chair crue à la merci du soleil, des mouches, et de la poussière projetée par les bus), nous n’avons pas grand-chose à nous mettre sous la dent.

24h. Arrivée au bac. La ville est entourée par les eaux du Bani et il faut attendre que le bac vienne nous chercher pour franchir le bras du fleuve. Nous patientons une heure de plus.

1h30. Arrivée à Djenné. Plus aucun endroit où souper. Nous nous résignons à « délyophiliser » un sachet de purée au jambon absolument dégueulasse, avec de l’eau froide, que nous savourons sur fond de dispute stérile.

 

Nous étions tout fiers d’avoir trouvé un véhicule ayant pour destination finale Djenné, les bus en provenance de Bamako/Ségou ne faisant habituellement jamais de crochet par la ville, lâchant les voyageurs après 6h de trajet à 30 bornes, où ils doivent alors se débrouiller pour faire du stop ou trouver un taxi brousse venant de Mopti. Nous mettrons finalement grâce à notre solution astucieuse 11h pour atteindre notre objectif …


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Publié à 01:45, le 5/01/2009 dans MALI Janvier 2009, Djénné
Mots clefs : transport
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