N'importe où mais ailleurs ! - Carnets de voyage
"Il faut voyager pour frotter et limer sa cervelle contre celle d'autrui" (Montaigne). Je frotterai jusqu'à une absolue brillance. Quelques carnets de route, des falaises de grès maliennes abritant d'improbables villages Tellem aux hautes terres occidentales guatémaltèques où les huipiles rouge éclatant des femmes sont un vrai régal pour les yeux !


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Jour de marché - Trek Jour 5 - Bamba

 

 

 

Au fur et à mesure que nous nous rapprochons de Bamba, le flot humain se densifie. Bientôt, nous faisons partie d’un groupe entier, de femmes essentiellement, portant des bassines en plastiques, elles-mêmes pleines à craquer d’autres récipients fluo, d’énormes sacs de jute semblant sur le point d’exploser et de déverser tous leurs grains tant leur toile est tendue à l’extrême, des bébés qui supportent tant bien que mal la chaleur écrasante de fin de matinée des kilomètres durant.


Enfin, nous franchissons un ultime pont de pierre chevauchant un marigot pour débouler dans le marché de Bamba étourdissant de couleurs. Tout est ici encore plus dense et chamarré qu’à Djenné. Des centaines de corps qui transpirent sous un soleil d’hiver brûlant. Si les jours précédents furent essentiellement dominés par des tons terreux, à présent tous ces boubous bariolés me font l’effet d’un éblouissement après plusieurs heures passées dans la pénombre. Les femmes cuisent à même le sol des beignets de mil, les balles expulsent leur coton immaculé, le lait peul répand un effluve rance. Des graines noires non identifiées s’amoncèlent comme de petits terrils miniers. De petits oignons, des piments, et des tas de poissons malodorants. Et quelques objets que les tristes commerces déversent ici, des lunettes de soleil, des piles made in china. L’odeur des huiles chaudes nous brûlent les narines. Le marché est cerné d’ânes déchargés, de rumeurs, de charrettes sans ridelle qui dressent leurs brancards vers le ciel.


« Le marché secouait les entrailles de tous les hommes et de bon nombre de bêtes depuis Kamma jusqu’à Yougo. Vers midi, tous se plongeaient dans son énorme murmure, le feu aux oreilles et l’œil inquisiteur pour des achats modestes mais véhéments. » (Marcel Griaule)

 


 


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Publié à 23:21, le 12/04/2010 dans MALI Janvier 2009, Douentza
Mots clefs : trekmarché
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"Libre comme le capitaine dans le fleuve Niger"

 

Nous assistons à l’installation du marché aux aurores, véritable ballet de tréteaux, de bancs, de chevalets, de poutres, de planches, de branches, de cordes, de grandes bâches noires et bleues en plastique et de petites charrettes. La grande mosquée qui semble surgir de terre se retrouve peu à peu cernée de stands bricolés et d'amas de caisses en bois, de paniers, de tissus panachés et de sacs et cabas de jute. Nous essayons de restés focalisés sur l’agencement des étals par les hommes et les enfants, sur les couleurs flamboyantes des pagnes et des boubous des femmes, les chapeaux des bergers peuls en cuir noir et rouge qui émergent de la foule, l’odeur pestilentielle des poissons séchés, rien n’y fait, nous sommes irrémédiablement attirés par cette gigantesque dame de terre crue, le plus grand édifice au monde en banco, cette mosquée de style architectural soudano-sahélien, dont elle est sans doute la plus extraordinaire représentation. Ses minarets de 20m surplombent la place du marché, ils sont flanqués de faisceaux de branches de palmiers qui couvrent la quasi totalité des murs et servent d’échafaudage lors des campagnes de rénovation du monument. La grande mosquée de Djenné nous observe majestueuse, et nous contemplons en retour ses formes arrondies.

 

 

Nous retrouvons Adama qui nous fait faire un petit tour de la ville. Adama est le fils du propriétaire d'un des hôtels de Djenné et est grand amateur de proverbes. Nous nous faufilons à travers le labyrinthe de ruelles à l'écart de l'agitation du marché, intrigués par les menuiseries d'influence marocaine décorées d'arabesques et de clous, les écoles coraniques, les terrasses d'où l'on jouit d'une vue grandiose sur la cité. Conquis, à un point que nous paraissent bien loin nos déboires de la veille.

De l'autre côté de la ville, impressionnant déchargement de fagots de bois que les femme portent sur le marché en ondulant, mêlant grâce et puissance. Elles passent à proximité de Tapama, jeune fille vierge Bozo emmurée pour conjurer le mauvais sort qui ne cessait de s'abattre sur la ville peu de temps après sa construction.

Retour sur le marché, les étals débordent à présent de marchandises, le mil, le riz et autres produits agricoles venant du Sud faisant face aux trésors du Nord, les barres de sel du désert, les poissons des grands lacs. Matthieu comme à son habitude (et il a eu d'ailleurs très souvent raison) résiste aux friandises, beignets et autres tentations que l'on nous glisse sous le nez. Pas moi. Je goutte tout ce qu' Adama m'offre gentiment. Nous prenons notre temps pour découvrir chaque parcelle de cet incroyable foire hebdomadaire, "plus vite que la musique, on danse mal".

Direction Sévaré vers 17h à bord d'un taxi brousse tout rouillé, démarrage demain de notre trek de 5 jours en pays Dogon !


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Publié à 21:30, le 5/01/2009 dans MALI Janvier 2009, Djénné
Mots clefs : architecturemosqueemarché
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Bamako ou le marigot du caïman

Après un petit déjeuner à base de tisane locale, nous décollons tardivement direction le centre avec Yakou qui nous accompagne au bureau de change. Ma première capitale africaine. Nous prenons le bus et dès les premiers instants, la ville me jette à la face sa lourde pellicule de poussière d’où n’émergent que quelques rares bâtiments hauts, la tour du siège de la BCEAO notamment qui semble avoir été balancée là par mégarde par un titan ivre. Je me prends en pleine figure et presque immédiatement les nombreux paradoxes de Bamako: espace grouillant que le regard doux des gens rend sécurisant, la capitale arbore des allures de village. Village très étendu toutefois, s’étirant le long du fleuve Niger, qui ne comptait encore que 600 âmes voilà un siècle. Lourds effets d’un exode rural démesuré. J’ai l’impression ici maintenant d’être cernée de son million d’habitants actuel et bizarrement c’est plutôt agréable.

Des centaines de saynètes se jouent autour de nous, un peu comme dans un tableau de Bruegel version équatoriale, où la neige et la glace flamandes seraient remplacées par des terres ocre. Travail des champs surréaliste en plein centre sur les rives du fleuve. Nous nous retrouvons rapidement au milieu des marchés colorés, où des centaines de vendeurs à la sauvette tentent d’écouler tout et n’importe quoi. Nous croisons les stands des fétichistes sur lesquels trônent pêle-mêle des crânes de chèvres, des os de mouton et autres gris-gris. Puis nous traversons la Maison des artisans, et j’imagine déjà très bien trôner dans mon salon ces masques Bambara et Dogon déclinant le panthéon malien, ces têtes de hyènes épurées, ces visages sereins couverts de bronze et de cauris, l’ancienne monnaie du pays, ou encore ces dagues finement sculptées.

Les hommes et les femmes sont autant élégants et propres que les rues sont terreuses et fourmillantes. Encore une de ces évidentes invraisemblances. Je ressors de là gorgée de sables, de couleurs, de sourires et de sueur. 33°C, ouf c’est la saison fraîche.


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Publié à 23:13, le 2/01/2009 dans MALI Janvier 2009, Bamako
Mots clefs : artisanatmarché
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