N'importe où mais ailleurs ! - Carnets de voyage
"Il faut voyager pour frotter et limer sa cervelle contre celle d'autrui" (Montaigne). Je frotterai jusqu'à une absolue brillance. Quelques carnets de route, des falaises de grès maliennes abritant d'improbables villages Tellem aux hautes terres occidentales guatémaltèques où les huipiles rouge éclatant des femmes sont un vrai régal pour les yeux !


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Tout proches du dieu d'eau

 

Nous passons la nuit à Sévaré, grosse bourgade aux portes du pays Dogon. Repas pantagruélique, comme nous n’en avons plus fait depuis Bamako, au Mac’s refuge, un peu à l’écart du centre. Je me jette avidement sur la salade de concombres sous le regard accusateur de Matthieu. Il n’en mangera pas, je me délecterai quand même de mes premiers légumes maliens. Mac est américain, né au Mali, il fit le choix de s’y installer et de monter cette petite pension fort sympathique. Les chambres qu’il a conçues sont non seulement confortables mais aussi subtilement décorées, chacune mettant en avant une ethnie du pays. Corollaire manifeste, elles sont chères, nous n’aurons jamais payé autant pour une chambre au Mali, mais nous jugeons qu’un repos salutaire avant cette petite semaine de marche est incontestablement nécessaire. Nous dormirons chez les peuls, entourés de leurs fameux couvre-chefs coniques, de leurs boubous et pagnes bleu indigo, de leurs splendides femmes, aux lèvres et gencives tatouées et aux oreilles couvertes de boucles imposantes. Avant le coucher, nous échangeons avec Ali Guindo, qui nous a rejoints au refuge et qui nous annonce qu’il ne pourra pas nous guider durant les 5 jours à venir, mais que son cousin le fera avec bonheur. Ce n’est pas la première fois que nous passons de mains en mains de guides dont les combines sont un peu usantes à force. Je ferme les yeux et rêve des terres arides Dogons, deux ans que j’attends ce moment, que j’ai en tête les court-métrages de Griaule, les rites funéraires, la cosmogonie qui nous a été révélée essentiellement aux travers de ses écrits. "Il n'y a pratiquement plus de grand problème de l'ethnologie que nous ne puissions traiter sans nous référer à l'œuvre de Griaule", disait Claude Lévi-Strauss. Nous suivrons ses traces et celles de son Dieu d'eau durant notre pèlerinage et nous entendrons, nous français, très souvent parler de celui à qui les Dogon offrirent des funérailles traditionnelles.

 

 


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Publié à 06:05, le 6/01/2009 dans MALI Janvier 2009, Sévaré
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De l’autre côté du Niger, Kaladanga

Soirée chez Salif, au bord du fleuve. Dans l’obscurité, efforts acharnés pour percevoir les arêtes des carpes fraîches cuisinées par l’une de ses deux femmes, Ali, avec qui nous ne mangerons pas, hélas. Elle, sa coépouse et les enfants se contenteront des restes une fois que Salif, Matthieu et moi aurons été royalement servis. Un peu gênée, je mange à peine ce soir là, repue de soleil et de joie enfantine, ni l’un ni l’autre ne parvenant à masquer la précarité de toutes ces familles. Retour aux paradoxes saisissants du premier jour, je me sens bien ici, mais c’est si facile, des euros plein les poches. Cela peut paraître d’une plate banalité, il n’empêche que je suis un peu paumée à force que se mêlent malgré moi des envies antagonistes puisque c’est de cela dont il s’agit réellement. Vouloir à la fois que la vie soit rendue plus facile à tous ces gens et se nourrir avec un contentement malsain de ces traditions séculaires entravant souvent certaines évolutions essentielles, de cette authenticité, de l’indigence même de la population, de son exotisme surtout. Un peu d’électricité leur allègerait grandement l’existence, mais ai-je au fond de moi réellement envie qu’Ali me cuisine le poisson dans un four Rosières et que les ségoviennes utilisent un sèche linge plutôt que d’étaler leurs étoffes bigarrées le long du Niger ? Compliqué.

Je demande à Salif combien il a d’enfants. D’un air débonnaire, il me sourit, et me dit qu’il n’en sait rien. Je souris à mon tour. J’en compte au moins 12. Chargement des téléphones mobiles à partir de deux batteries de voiture et balade nocturne dans le petit village. Je fais ma toilette dans une pièce en banco flanquée d’un petit trou en son centre, avec une bassine d’eau froide et un récipient plus petit avec lequel je m’arrose tant bien que mal. La lumière de la lune éclaire finement ma « salle de bain » à toit ouvert, il ne fait pas chaud du tout. Pour les toilettes, c’est beaucoup moins magique. Un petit trou également, cerné de trois murs de guingois, qu'il faut bien viser et quand on est un peu gauche, les WC maliens sont un cauchemar. J’ai hâte de retrouver demain l’abondante lumière omnidirectionnelle, en attendant, je me faufile sous ma tente, épuisée.


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Publié à 23:53, le 3/01/2009 dans MALI Janvier 2009, Ségou
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Nema Sow ou la maison du bonheur

Première nuit à Nema Sow. La maison du bonheur. Malgré notre arrivée tardive, Mario, surnommée Mama Africa nous fait un accueil charmant. D’origine angevine, cette française s’est installée à Bamako voilà plusieurs années et constitue une vraie mine d’informations que nous tentons d’absorber malgré la fatigue. Je parviens même à lui faire « valider » la crédibilité des contacts pris de mon côté avant le départ. Elle parvient à me fournir pour chacun des noms que je cite qualités et défauts des personnages et degré de fiabilité, je suis impressionnée. Vent doux sur la terrasse éclairée par des lampes-calebasses. Mario a froid. Nous avons chaud. Douche glacée, la première d’une longue série. Matelas ferme. Ultra ferme. Et la tête pleine de projets …


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Publié à 01:00, le 2/01/2009 dans MALI Janvier 2009, Bamako
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