N'importe où mais ailleurs ! - Carnets de voyage
"Il faut voyager pour frotter et limer sa cervelle contre celle d'autrui" (Montaigne). Je frotterai jusqu'à une absolue brillance. Quelques carnets de route, des falaises de grès maliennes abritant d'improbables villages Tellem aux hautes terres occidentales guatémaltèques où les huipiles rouge éclatant des femmes sont un vrai régal pour les yeux !


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MALI - Inselbergs et canyons

Réveil face à la noire muraille du Mont Hombori. 1155m de rocailles (le sommet du Mali) que nous escaladerons demain. Dégué dégué ce matin : repos et grand nettoyage indispensables. La douche à ciel ouvert, que nous avons prise au beau milieu de la nuit, n’a pas suffit à décaper ces journées poussiéreuses chez les Dogons, à récurer la terre que j’ai sous les ongles, sous la peau, comme autant de tatouages faisant écho aux souvenirs pêle-mêle que nous avons engrangés pendant notre trek. Ralentir le rythme, frotter au savon de Marseille pantalons et chaussettes, digérer les contes animistes, les cultes funèbres, rêver les masques qui se mettent à vivre, commencer à classer mentalement l’afflux d’images, de greniers, de dignité. Oublier un peu Griaule. Essorer les chemises. Vider les chaussures des petits bouts de falaises qu’elles contiennent. Secouer les sacs. Rincer les gourdes. Et dévorer un coq qu’Omar, le cuisinier, tue rien que pour nous. Cela fait maintenant une bonne semaine que nos envies carnivores restent inassouvies.

 

 

 

 

Nous nous sommes posés hier, un peu aléatoirement suite à nos péripéties nocturnes, à l’auberge Le Tondanko. Une fois descendue de moto, et en attendant que Matthieu se fasse à son tour déposer par notre gentil militaire, j’ai, sans doute avec peu de délicatesse, réveillé un sympathique bonhomme qui a eu l’amabilité de nous mettre à disposition une chambre à cette heure indécente. Un petit campement bien agréable donc, à l’écart de la route, dirigé par Abdrahamane Maïga, que tout le monde ici appelle Dourcy. Un personnage, gentil et dévoué, un poil intéressé, la fibre commerçante exacerbée, un regard troublant qui vous déshabille, et à l’origine de tout un tas d’initiatives honorables dans la région (construction d’écoles notamment). Lorsque je demande à Matthieu s’il perçoit l’ambiguïté de l’individu, il me répond sans surprise qu’il n’a rien remarqué. Matthieu ne s’attarde pas à dresser les profils psychologiques des gens qu’il croise. En synthèse, endroit propre, échanges sympas garantis avec les tenants des lieux, chambres sommaires bon marché ou cases peules exotiques. On recommande donc, mais il est possible que l’on vous sollicite pour quelques services.

 

 

 

 

Nous hésitons pour cette après-midi : rando à la main de Fatima ou traque des éléphants les plus septentrionaux d’Afrique. 750 mastodontes plutôt respectés par les habitants du Gourma. Comme il est prévu que nous pistions les hippos après ces quelques jours passés à Hombori, nous optons pour l’option rando. Le décès le mois précédent d’une jeune française chargée par un pachyderme un peu violent a sans doute pesé dans la balance.

 

Nous enfourchons donc deux motos en direction des fantastiques aiguilles de pierres qui se profilent à l’horizon.



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Publié à 23:01, le 23/05/2010 dans MALI Janvier 2009, Hombori
Mots clefs : hebergement
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MALI - Quelque part, entre la région inondée de Mopti, et Gao, porte du désert
00h30. « Hombori » crie le chauffeur.

Nous descendons du bus. Au milieu de nulle part. Quelques rares maisons semblent abandonnées. D’énormes masses surgissent de la désolation de la steppe : des rocs à l’allure de ruines qui se dressent par intermittences vers la lune, pleine ce soir. Tout est plongé dans un épais silence, nous avec. N’osant pas perturber l’ambiance si particulière, nous n’échangeons qu’un lent regard inquisiteur, histoire de scruter dans les yeux de l’autre une once d’espoir. Pas grand-chose. Juste de la fatigue, le reflet de la lueur lunaire et une bonne grosse dose d’inquiétude. Nos prunelles semblent plutôt se dire l’une à l’autre que, selon toute vraisemblance, nous allons dormir ici, dehors, cernés par ces inquiétants blocs de grès, tout seuls, bouh.  

 

Nous apercevons un faible éclairage que nos yeux, pas encore accoutumés à cette demi-obscurité, avaient jusque là zappé.  A quelques dizaines de mètres, une lanterne, un militaire et sa mitraillette (ou son fusil, sa kalachnikov, … je ne suis pas spécialiste). Nous lui demandons où nous pouvons trouver un campement pour la nuit. Il nous répond, un peu froidement, pas mal surpris, que Hombori est à 3km de là, se demandant ce qui a bien pu conduire le chauffeur à nous lâcher ici. L’œil fourbe, il nous propose de nous mener tour à tour au village sur sa mobylette contre quelques billets. Matthieu refuse d’office. Trop fatiguée pour subtiliser l’arme et m’en servir contre mon tendre partenaire, je me contente de pester intérieurement. 3 km à pieds, sur cette piste déserte, à une heure du matin, pour rejoindre un improbable campement, entourés d’ombres fantomatiques, 15 kilos sur le dos. Chouette. L’homme a pitié (il a probablement perçu la décomposition de mon visage lorsque Matthieu a annoncé tout fier qu’on se débrouillerait bien) et nous propose deux virées successives et gratuites sur son deux-roues chinois.

Me voilà donc, avec mon gros sac, étreignant un inconnu et son fusil, sur une moto, sans casque, au beau milieu de la nuit, encore loin du matelas de mes rêves et de plus en plus loin de l’homme de ma vie :)



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Publié à 22:02, le 9/05/2010 dans MALI Janvier 2009, Hombori
Mots clefs :
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MALI - En attendant Godot – Douentza -Hombori

Arrivée à Douentza à 17h. Pas velléitaires pour deux sous, nous nous lançons immédiatement dans une quête qui nous semblait initialement largement abordable et qui s’est avérée un poil alambiquée : l’obtention de l’horaire de passage du prochain car à destination d’Hombori.

 

J’interroge un premier homme, maigre, démarche raide, à peine surpris par notre approche, qui nous indique qu’il nous faudra patienter deux bonnes heures. Finalement cela nous laisserait le temps de dîner et de passer un petit coup de fil en France pour diffuser quelques nouvelles du front. Parfait. Nous cherchons par prudence confirmation. Le second malien, que notre requête plonge aussitôt dans un état stuporeux, nous indique qu’il n’y a aucune chance de voir passer un bus par ici avant demain matin, 11h, quelle que soit notre destination d’ailleurs. Le troisième nous annonce un départ à 22h. Nous finissons ainsi par engranger autant de réponses que de personnes sondées (approximativement 7 ou 8, toutes avec un avis bien tranché), et un minimum d’une heure sépare les deux horaires recueillis les plus proches. Mal barrés.

 

 

« Allez demander à la gare » finit par nous lancer une jeune femme éclairée. Chouette perspective. Matthieu y fonce, ladite gare se trouve être une petite baraque en lisière de route avec un homme court sur patte, coincé à l’intérieur, le « chef de gare ». Il nous fait payer des billets fictifs nous assurant que le bus s’arrêtera à Douentza entre 20h et 21h. Nous lui confions notre argent, un peu intrépides et notre numéro de téléphone, à sa demande, il nous appellera à l’arrivée du bolide. « Pas de problème ».

 

21h30. Pas de bus. Au moins, nous avons le ventre plein. 21h45. Toujours rien. Enfin, un brin de lassitude tout de même. A 22h, nous voyons débouler une mobylette chevauchée par le chef de gare, qui se charge de nous conduire chacun notre tour aux portes de l’engin. « Il est recommandé de ne pas voyager de nuit, les bus y sont vieillots » précise le Petit Futé. On confirme. Ce bus est une porcherie roulante dont le sol est jonché de détritus tellement piétinés que l’on ne sait plus trop identifier les choses molles, parfois glissantes, souvent odorantes sur lesquelles on se déplace contraints et forcés pour rejoindre sa place.

 

Nous essayons de somnoler en restant attentifs au moindre ralentissement. Surtout, ne pas louper l’arrêt.



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Publié à 22:15, le 3/05/2010 dans MALI Janvier 2009, Douentza
Mots clefs : transport
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MALI - Le sel de la terre - Bamba - Douentza

 

Du poisson au menu. Nous regardons, septiques, ses arêtes flotter dans le plat. Le Niger est loin, très loin, et il en a fait du chemin ce petit poisson pour venir onduler dans notre assiette. La chaîne du froid a certainement été rompue … Comporte-t-elle ici ne serait-ce qu’un maillon ? Nous finissons par ne plus voir que salmonelles et lysteria se relaxant dans notre petit bouillon de culture. Mathieu n’y touche pas, je déguste mollement (comme si la lenteur avec laquelle ma main portait la nourriture à ma bouche venait freiner l’ingestion des petits germes pathogènes).

Le soleil est plus agressif ici. Les enfants aussi. Ils nous tiennent fermement les bras pour ne pas se faire voler une place de choix durement acquise. Fatiguée et impatiente de rejoindre Hombori et ses paysages dantesques.

 

Pas de bus au départ de Bamba. Nous prenons l’un des rares 4x4 qui quitte le village en début d’après midi. Un peu de confort nous permettra sans doute de glaner l’énergie qu’il nous faudra déployer pour nous dégotter un moyen de locomotion jusqu’à notre point de chute final. Tu parles. Nous devinons à peine la route tant elle est mauvaise. Nous dépassons des Touaregs et leurs bêtes qui transportent d’énormes plaques ocre, les caravaniers du sel, défiant farouchement le sel marin, industriel, blanc et raffiné. Mais leur sel n’est guère plus utilisé que pour l’alimentation du bétail et par quelques inconditionnels qui lui reconnaissent contenir des oligo-éléments essentiels. On dit même que les troupeaux privés de sel saharien souffrent de déficiences multiples. Sans doute toutes ces vertus qui expliquent la persistance de ce commerce.

Nous doublons ensuite une succession infinie de charrettes en direction de Douentza, le marché s’y tient demain matin.

 

Mon voisin de droite dévore goulument d’énormes morceaux de viande ruisselant de graisse en chassant de temps à autre d’un revers de main les mouches qui ont envahi l’habitacle (son coude venant à chaque fois percuter mon épaule). Il enfonce ses énormes doigts dans la chair grillée, me donnant des haut-le-cœur réguliers. Des mains, de plus en plus nombreuses, viennent ensuite piocher dans le sac gorgé de jus qui se met à goutter sur mes chaussures. L’homme se répand en excuses contrites. Nous sommes même conviés à faire de même mais déclinons poliment l’invitation. Vous comprenez, nous venons de manger. Mais c’est le ventre bien creux que nous supporterons encore deux heures de voyage.



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Publié à 22:43, le 25/04/2010 dans MALI Janvier 2009, Douentza
Mots clefs : transport
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Jour de marché - Trek Jour 5 - Bamba

 

 

 

Au fur et à mesure que nous nous rapprochons de Bamba, le flot humain se densifie. Bientôt, nous faisons partie d’un groupe entier, de femmes essentiellement, portant des bassines en plastiques, elles-mêmes pleines à craquer d’autres récipients fluo, d’énormes sacs de jute semblant sur le point d’exploser et de déverser tous leurs grains tant leur toile est tendue à l’extrême, des bébés qui supportent tant bien que mal la chaleur écrasante de fin de matinée des kilomètres durant.


Enfin, nous franchissons un ultime pont de pierre chevauchant un marigot pour débouler dans le marché de Bamba étourdissant de couleurs. Tout est ici encore plus dense et chamarré qu’à Djenné. Des centaines de corps qui transpirent sous un soleil d’hiver brûlant. Si les jours précédents furent essentiellement dominés par des tons terreux, à présent tous ces boubous bariolés me font l’effet d’un éblouissement après plusieurs heures passées dans la pénombre. Les femmes cuisent à même le sol des beignets de mil, les balles expulsent leur coton immaculé, le lait peul répand un effluve rance. Des graines noires non identifiées s’amoncèlent comme de petits terrils miniers. De petits oignons, des piments, et des tas de poissons malodorants. Et quelques objets que les tristes commerces déversent ici, des lunettes de soleil, des piles made in china. L’odeur des huiles chaudes nous brûlent les narines. Le marché est cerné d’ânes déchargés, de rumeurs, de charrettes sans ridelle qui dressent leurs brancards vers le ciel.


« Le marché secouait les entrailles de tous les hommes et de bon nombre de bêtes depuis Kamma jusqu’à Yougo. Vers midi, tous se plongeaient dans son énorme murmure, le feu aux oreilles et l’œil inquisiteur pour des achats modestes mais véhéments. » (Marcel Griaule)

 


 



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Publié à 23:21, le 12/04/2010 dans MALI Janvier 2009, Douentza
Mots clefs : trekmarché
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