N'importe où mais ailleurs ! - Carnets de voyage
"Il faut voyager pour frotter et limer sa cervelle contre celle d'autrui" (Montaigne). Je frotterai jusqu'à une absolue brillance. Quelques carnets de route, des falaises de grès maliennes abritant d'improbables villages Tellem aux hautes terres occidentales guatémaltèques où les huipiles rouge éclatant des femmes sont un vrai régal pour les yeux !


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Il n’y a pas de petite querelle – Trek Jour 4 – Yendouma

Avant que nous nous endormions sur la terrasse, Souley nous abreuve une fois de plus de ces allégories africaines qui attisent ici l’intérêt des jeunes enfants :

 

Deux margouillats se battaient ardemment devant l’entrée d’une petite case en paille, habitée par une vieille dame, qui s’y reposait alors, à l’abri de la chaleur soutenue qui pesait à l’extérieur. Le fils de la maison, parti pour quelques mois à la poursuite d’aventureuses péripéties, confia à son fidèle chien, avant de quitter le pays, la garde du seuil de la maisonnette.

Le chien, outré devant les manières des deux ridicules reptiles, exigea d’eux l’arrêt des hostilités. En vain. Les petites bêtes, qu’il ne pouvait atteindre, sauf à abandonner temporairement son poste de gardien, continuaient à mutuellement se malmener. Il s’adressa alors au coq, implorant son aide. « Sans façon », rétorqua le gallinacé, « je n’ai pas de temps à consacrer à ces futilités ».

Le chien apostropha alors la chèvre et lui fit une requête analogue. « Crois-tu que ma vie est si misérable qu’il me faut résoudre des problèmes de telle envergure ? » se moqua la sale bique dédaigneuse.

 

Le taureau, le mouton et le cheval déclinèrent de même la sollicitation, chacun leur tour, avec suffisance. C’est alors que les margouillats accentuèrent la violence de leur joute, au point de tomber tous deux dans un panier dogon (tressé, à fond carré et à l’ouverture circulaire) rempli de coton. La vannerie, égueulée, chancela, jusqu’à se rapprocher dangereusement du foyer extérieur qui lui noircit tout d’abord les tigelles puis qui l’enflamma totalement alors même que le panier continuait à pirouetter. Bientôt, le feu embrasa l’habitation et la pauvre vielle endormie périt dans l’incendie.

On envoya alors chercher son fils, à cheval, mais le fils ne fut retrouvé que bien loin, l’étalon en mourut d’épuisement. On égorgea le coq pour nourrir l’entourage lors de la veillée funéraire et, comme le veut la tradition, on accomplit enfin les trois sacrifices permettant à l’âme de rejoindre ses ancêtres : un jour après les funérailles la chèvre fut liquidée, une semaine plus tard, ce fut au tour du pauvre mouton, enfin, pour sceller la cérémonie funéraire, 40 jours après le décès, le majestueux taureau fut promptement zigouillé.

 

Il n’y a pas de petite querelle …

 

(NB : je n’ai rien trouvé concernant ces 3 sacrifices dans les quelques descriptions de rites funéraires chez les Dogon que j’ai rapidement parcourues sur le web, en revanche je suis tombée sur la narration de rites similaires chez les Soninké).

 

Après quelques récits de la même veine (sanglants et moralisateurs), repos salvateur sous les étoiles qu’il y a bien longtemps, les femmes décrochaient pour les donner à leurs petits. « Ceux-ci les perçaient d’un fuseau et faisaient tourner ces toupies de feu pour se montrer à eux-mêmes comment fonctionnait le monde ». (Ogotemmêli – Dieu d’eau – M. Griaule).



Publié à 01:46, le 13/03/2010 dans MALI Janvier 2009, Douentza
Mots clefs : legendetrek
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