N'importe où mais ailleurs ! - Carnets de voyage
"Il faut voyager pour frotter et limer sa cervelle contre celle d'autrui" (Montaigne). Je frotterai jusqu'à une absolue brillance. Quelques carnets de route, des falaises de grès maliennes abritant d'improbables villages Tellem aux hautes terres occidentales guatémaltèques où les huipiles rouge éclatant des femmes sont un vrai régal pour les yeux !


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Ca va les bonbons ? Trek Jour 4 –Tiogou - Yendouma

Tiogou est une petite merveille. Nous y découvrons deux  cases des femmes menstruées. Considérées impures pendant leurs règles, elles sont contraintes d'y séjourner ; un peu rude tout de même, si ce n’est que cela leur permet d’être dispensées d’un travail souvent coriace.

 

 

Sur la place du village, des enfants miment les cérémonies si célèbres des masques Dogon, le Sigui en particulier, qui a lieu tous les 60 ans (le prochain aura lieu en 2027, prenez date). Cette fête suprême commémore le plus vieil ancêtre ressuscité sous forme de serpent, l’illustre Lébé, créature pourvoyeuse de forces (mais aussi protectrice des placentas, pas de sot métier).

 

Imaginez-vous quelle fut la surprise des hommes qui, trop à l’étroit dans leur bourgade (quelque part dans le pays Mandingue) au point de la quitter pour conquérir l’actuel pays Dogon, tombèrent nez à nez avec ce gros reptile gluant alors qu’ils cherchaient à déterrer les os de leur aîné, que l’on ne pouvait définitivement pas abandonner là.

 

Aujourd’hui encore, on dit que le Lébé vient chaque nuit enduire de sa salive le corps du chef spirituel Hogon, pour l’imprégner de vigueur et de puissance.

 

Les enfants dansent sur la place publique que domine un énorme figuier, au rythme de tam-tam imaginaires et de factices clochettes. En guise de kanagas ou de masques zoomorphes, ils portent des feuilles percées de trous et traversées d’un bâtonnet de bois. Les chimères prennent vie peu à peu, nous entendons les tambours (un bout’ chou de 3 ans à peine qui tape résolument sur une boîte de conserve éventrée) et les petits corps, éclairés par les rais lumineux de la fin de journée, semblent à présent possédés par le dieu-serpent.

 

On a sacrément rigolé. D’autant plus qu’ici les enfants ne vous harcèlent pas de : Ca va les bonbons ? Toubab bidon ? (blanc, donne moi ta bouteille) Toubab le bic ? et autres interpellations qui je vous l’assure, malgré toute votre bonne volonté, vos velléités de compréhension et de discernement, finissent par vous taper sacrément sur le système. Désastreuses conséquences d'actes de touristes qui s’imaginent bien faire alors qu’en réalité ils pervertissent un fragile équilibre. Ne donnez rien directement aux enfants, leurs parents en feront des mendiants et ils se retrouveront à apostropher les toubabs de sobriquets dont ils ne comprennent pas même le sens. Si vous souhaitez aider, passer plutôt par les directeurs d’école, les guides ou les chefs de village (encore que certains principes de redistribution sont parfois discutables). Pas de dentiste à tous les coins de rue en pays Dogon, évitez les distributions de sucreries ...

 

Expérience beaucoup plus délectable ici donc, nous sommes pris d’assaut par nos petits danseurs en herbe mais il s’agit d’une saine curiosité, réciproque par ailleurs.

 

Nous longeons la falaise recouverte d’or pour rentrer à Yendouma, précédés de femmes en file indienne, à la stature droite et farouche, malgré les lourdes charges qui pèsent sur leur crâne. Nous les observons longuement, plongés dans une certaine humilité …



Publié à 14:57, le 1/03/2010 dans MALI Janvier 2009, Sanga
Mots clefs : légendestrek
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