N'importe où mais ailleurs ! - Carnets de voyage
"Il faut voyager pour frotter et limer sa cervelle contre celle d'autrui" (Montaigne). Je frotterai jusqu'à une absolue brillance. Quelques carnets de route, des falaises de grès maliennes abritant d'improbables villages Tellem aux hautes terres occidentales guatémaltèques où les huipiles rouge éclatant des femmes sont un vrai régal pour les yeux !


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Dégué dégué vers Djenné

Départ pour Djenné, l’un des temps forts du voyage, cité joyaux en banco, l’une des plus belles villes d’Afrique de l’Ouest, dépositaire du prestige des peuples s’y étant succédés.

14h. Me voilà acculée au fond d’un minibus par une cage à poules (contenant des poules), la fesse droite de mon imposante voisine et sa petite fille, chevauchant mon pied gauche. Je n’ai qu’une demi-place et j’ai la nausée. Le chauffeur a fermé les fenêtres, à cause de la poussière certainement, et il règne dans cette épave un air chargé d’impuretés aux relents aigres de sueurs, de bétail et d’épices. Je me concentre sur la route pour oublier les cahots, qui me projettent tantôt à gauche sur la ferraille rouillée de la portière dénudée, tantôt à droite sur la veille dame impassible.

 

16h. J’ai déjà hâte d’arriver. Mais notre trajet est ponctué d’un nombre incalculable d’arrêts (j’aurais vraiment du les compter) qui finissent par rendre notre voyage interminable.

Il y a tout d’abord les arrêts pour prier, les plus réguliers, il existe d’ailleurs des aires spécifiques et aménagées permettant aux femmes et aux hommes de transmettre au mieux leurs requêtes et remerciements à Allah.

Viennent ensuite les arrêts pour manger, les plus longs. Nous avons de la chance, la plupart des gens profitent de ces pauses repas pour délester leur vessie. Mais pas tous. Nous avons donc aussi les arrêts pipi, pour les prostates fragiles et pour ceux qui n’avaient pas envie lors des précédents stops ou qui n’ont simplement pas pensé à mutualiser.

Quelques pauses-pannes étonnamment rapidement résolues, le top du top restant les arrêts durant lesquels il faut repenser totalement l’organisation des bagages sur le toit, une énième malle encombrante venant s’ajouter à l’énorme masse écrasant déjà le minibus. Là, chacun donne son avis, les avis sont bien souvent orthogonaux, on agence, on réagence, on diverge et on décide finalement d’en rajouter un peu à l’intérieur, parce que bon, nous étions limite à l’aise là dedans.

J’ai le sang qui bouillonne. Le flegme des maliens me sidère.

21h. Je suis morte de faim, si nos compagnons de voyage dégustent régulièrement de la viande (exposée sur des stands le long des pistes des heures durant, sa chair crue à la merci du soleil, des mouches, et de la poussière projetée par les bus), nous n’avons pas grand-chose à nous mettre sous la dent.

24h. Arrivée au bac. La ville est entourée par les eaux du Bani et il faut attendre que le bac vienne nous chercher pour franchir le bras du fleuve. Nous patientons une heure de plus.

1h30. Arrivée à Djenné. Plus aucun endroit où souper. Nous nous résignons à « délyophiliser » un sachet de purée au jambon absolument dégueulasse, avec de l’eau froide, que nous savourons sur fond de dispute stérile.

 

Nous étions tout fiers d’avoir trouvé un véhicule ayant pour destination finale Djenné, les bus en provenance de Bamako/Ségou ne faisant habituellement jamais de crochet par la ville, lâchant les voyageurs après 6h de trajet à 30 bornes, où ils doivent alors se débrouiller pour faire du stop ou trouver un taxi brousse venant de Mopti. Nous mettrons finalement grâce à notre solution astucieuse 11h pour atteindre notre objectif …



Publié à 01:45, le 5/01/2009 dans MALI Janvier 2009, Djénné
Mots clefs : transport
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quel trip!


Excellente description de ce qu'est un voyage en "bus" et de surcroit en Afrique ! Je rie encore a certaines situations oups!
Merci
Publié par piro à 09:37, 12/01/2010 Lien

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